Découvrez le témoignage de la directrice d'une Structure d’Insertion par l’Activité Economique

Publié le : 24/12/2020

Découvrez le témoignage de la directrice d'une Structure d’Insertion par l’Activité Economique

Aurélie Coup, directrice de l'association Arcins Environnement Service a accepté de répondre à nos questions suite à l'accompagement de l'Aract Nouvelle-Aquitaine, dans le cadre d'Objectif Reprise.

Madame Aurélie Coup, parlez-nous de vous

Je suis directrice depuis 2 ans de l’association Arcins Environnement Service. C’est une une Structure d’Insertion par l’Activité Economique (SIAE) associative créée en 1994 à l’initiative de la commune de Bègles et conventionnée « Atelier et Chantier d’Insertion » par le Ministère du Travail.
Notre rôle est de salarier des demandeurs d’emplois longue durée (des personnes au RSA, des personnes avec le statut travailleur handicapé, des jeunes en situation d’exclusions…). Nous leur proposons un contrat de travail de 6 mois minimum, renouvelable jusqu’à 24 mois. Leur contrat est de 26 h sur le chantier de la communauté de commune de Montesquieu et de 28h sur le chantier de Bègles. Ils travaillent sur nos 3 activités « supports » : les métiers d’espaces verts, d’espaces naturels et de propreté urbaine. En parallèle, ces personnes sont suivies par des accompagnatrices socioprofessionnelles en vue de leur insertion durable.

 

Pourquoi avez-vous fait appel au dispositif OR ?

Depuis deux ans, notre activité s’est développée, nous avons gagné beaucoup de chantiers, ce qui est très bien pour la pérennité de la structure mais cela a modifié notre organisation du travail puisque notre effectif a augmenté (+ 10 salariés).
Nous avons été confrontés à des problématiques d’accueil que nous n’avions pas rencontré auparavant. En effet, ce qui fonctionnait bien en mode « familial » fonctionne moins bien aujourd’hui. Par exemple, nous n’avons pas de salle de réunion assez grande pour accueillir tous les salariés, donc nos réunions se déroulent sous un préau, et l’hiver c’est compliqué.
Par ailleurs, la crise sanitaire nous a incité à requestionner nos pratiques. Par exemple, nous avons dû fixer les équipes qui tournaient jusqu’alors tous les jours.
J’ai profité de l’occasion lors des « RDV des managers » organisé par l’INAE, en partenariat avec l’Aract, pendant le confinement, pour travailler sur ces sujets.
Au début l’objectif était d’échanger sur la manière de travailler dans ce contexte de crise sanitaire mais cela m’a permis aussi de nourrir mes réflexions autour de notre organisation du travail, de l’intégration des nouveaux salariés... Et c’est lors du dernier atelier des « RDV des managers » que nous avons évoqué avec l’Aract, la possibilité d’être accompagné sur ces sujets.


En quoi a consisté l'accompagnement Objectif Reprise ?

L’accompagnement de l’Aract nous a aidé à travailler sur le recrutement des nouveaux salariés, leur intégration et leur formation sur leur poste de travail.
Sophie Chaudron et Isabelle Dudognon, chargées de mission à l’Aract nous ont tout d’abord appuyé sur la phase d’accueil et d’intégration des nouveaux salariés.
Nous avons travaillé sur la mise en situation de travail apprenante avec le salarié, directement sur les chantiers.
En parallèle, des réunions ont été programmées autour de la montée en compétences des personnes en insertion et de nos attentes. Cela nous a permis de lister les compétences nécessaires pour travailler chez nous. On s’est vraiment orienté sur la mise en situation professionnelle des premiers jours dans notre structure et sur le rôle de l’encadrant technique. 
Cette phase a permis de nous rendre compte que les encadrants techniques effectuaient beaucoup d’activités qui devraient être réalisées par les salariés en insertion professionnelle.
Nous avons aussi constaté qu’il n’y avait pas de cadre et que les pratiques n’étaient pas uniformisées pour accompagner les nouveaux salariés. Ce travail a donc bousculé les pratiques professionnelles des encadrants techniques « expérimentés » mais cela a permis aux encadrants arrivés récemment dans l'association, d’identifier le besoin d’un cadre et d’avoir un regard nouveau sur nos usages. 
Mon objectif n’était pas d’uniformiser les pratiques mais d’avoir un cadre identique pour tous. 
Nous avons ensuite travaillé sur le temps d’accueil individualisé de nos nouveaux salariés. En effet, le salarié était directement sur le terrain avec tous les autres salariés et nous constations régulièrement des erreurs sur les chantiers.
De plus, nous avons intégré une accompagnatrice socioprofessionnelle (ASP) au projet. Lors de nos échanges nous avons pu identifier la complexité du suivi des salariés en insertion dans son activité, dû à l’absence de cadre.


Qu'est-ce que cela a changé dans votre façon d'intégrer de nouveaux collaborateurs ?

Les nouveaux salariés bénéficieront d’un temps individualisé. De plus, une accompagnatrice socioprofessionnelle et un encadrant technique ont travaillé sur un support d’accueil pour optimiser leur parcours d’insertion. Ce travail permettra également un meilleur accompagnement social et professionnel des salariés et redonnera de la cohérence aux parcours Les encadrants techniques vont être formés à l’utilisation de ce nouveau support.
Nous avons également modifié l’organisation des plannings. Dorénavant les salariés ont une vision hebdomadaire de leur activité et ont le même encadrant technique toute la semaine. 
Le regard extérieur de l’Aract a permis de prendre du recul sur nos pratiques professionnelles et de définir un nouveau cadre en lien avec les évolutions subies par la structure ces dernières années.


Quel conseil donneriez-vous à une entreprise qui souhaiterait également se lancer ?

Il faut bien définir le besoin, associer les équipes et trouver du temps « administratif » pour organiser ces échanges. Il faut en avoir conscience dès le début du projet.

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